Groupe de recherches sur les dramaturgies allemande et française des Lumières au Romantisme

      

Responsable : Bernard FRANCO, Maître de conférences de Littérature comparée à l'Université de Paris IV-Sorbonne.

L'Assemblée générale du CRLC du 6 mars 2003 a décidé la création d'un « Groupe de Recherches sur les dramaturgies allemande et française des Lumières au Romantisme », placé sous la responsabilité de Bernard Franco. Yves Chevrel accepte d'y participer.

     L'objet de recherche de ce Groupe est volontairement restreint, de façon à pouvoir apporter un renouvellement à une recherche encore limitée sur un domaine pourtant riche des relations littéraires franco-allemandes.
     Sa première activité consistera à organiser deux journées d'études par an, en collaboration avec Pierre Frantz, membre du Centre de Recherche sur l'Histoire du Théâtre. Ces journées d'études résultent donc d'une collaboration entre le CRLC et le CRHT, ainsi que le CELFF. Elles portent sur « les mutations dramatiques en France et en Allemagne de 1785 à 1813 » et font intervenir des spécialistes de littérature comparée, de littérature française, de littérature allemande et d'études théâtrales.
     La période de 1785 à 1813 voit en effet se multiplier les échanges entre les théâtres allemand et français. 1785 voit la parution des derniers volumes du Nouveau Théâtre allemand de Bonneville et Friedel, ainsi que la première traduction française de la Dramaturgie de Hambourg. Les années de la Révolution et surtout de l'Empire sont la scène d'un débat entre les tenants d'un modèle tragique national, représenté par la tragédie classique, et les rénovateurs, qui souhaitent en particulier s'inspirer du modèle allemand. 1813 voit la parution de trois grands ouvrages : De l'Allemagne de Mme de Staël, De la Littérature du Midi de l'Europe de Sismondi et la traduction du Cours de littérature dramatique d'A. W. Schlegel par Mme Necker de Saussure. Alors que l'on dispose de bons travaux sur le mélodrame, cette période de l'histoire du théâtre reste peu étudiée sous l'angle comparatif et nous n'avons que peu d'études modernes sur le répertoire théâtral et sur les débats de théorie esthétique et dramatique qui caractérisent le « néo-classicisme » tout comme ce « premier romantisme ».
     Le moment paraît donc venu de susciter des travaux dans ce sens.

     C'est la raison des deux journées d'étude, en particulier, organisées pour l'année 2003-2004.

samedi 17 janvier 2004 (9h 30-17h, Sorbonne, Bibliothèque Georges Ascoli) : La Providence. Aspects des dramaturgies allemande et française de 1785 à 1813
     La question de la destinée est au cœur des réflexions sur la dramaturgie. « Nous avons mis sur la scène le dogme de la fatalité, ce dogme dangereux qui nous est étranger », écrivait déjà Mercier en 1773. Le fatum antique, qui ne correspond plus à aucun système de croyance dans l'Europe moderne, se voit remplacé par la Providence, qui ouvrait sur une tragédie chrétienne.
     Les études porteront soit sur les réflexions de critiques, théoriciens ou dramaturges sur la place de la Providence dans la redéfinition du tragique, soit sur les mises en œuvre de ces réflexions, ou les entreprises dramaturgiques illustrant un tragique de la Providence.

samedi 5 juin 2004 (10h-17h, Sorbonne, Bibliothèque Georges Ascoli) : Tragique et tragédie. Aspects des dramaturgies allemande et française de 1785 à 1813.
     Contre les avatars mélodramatiques du Sturm und Drang, Goethe proposait de réhabiliter « le grand, le gigantesque destin qui élève l'homme en l'écrasant ». C'est que, au tournant du XVIIIe au XIXe siècle, le tragique est l'objet de redéfinitions, aussi bien au niveau des relectures proposées d'Aristote que des créations. Tragique et tragédie cessent de se superposer et même se séparent. Tout comme le Goethe de Weimar, le tragique et la tragédie de la France révolutionnaire et impériale proposent une nouvelle vision du classicisme. C'est sur ces aspects – le lien entre les formes du tragique et le contexte historique, la relation complexe et ambiguë entre tragique et tragédie, les voies nouvelles du classicisme – que cette journée d'études se propose de réfléchir.
 
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